Bonne année, 2009 ?

Publié le par Cédric Ingrand



The Economist résumait pour le moins efficacement la situation sur sa "Une" de septembre dernier... un titre plutôt 'choc', d'autant que pour que ce vénérable et très Britannique thermomètre de l'économie se mette à parler 'peuple', il faut vraiment que le patient soit au plus mal...

Quatre mois plus tard, rien n'a vraiment changé, en tout cas pas en bien... Et pour ce qui nous intéresse plus directement, à savoir les entreprises des technologies et de l'internet, 2009 pourrait être l'année de tous les dangers. Après trois mois de dégraissages accélérés dans les entreprises high-tech, petites et grandes (voir à ce sujet le compteur des licenciements constamment remis à jour par nos confrères de TechCrunch), on en serait à près de 120.000 emplois perdus dans le monde.

Même chez Microsoft (gasp !), les rumeurs de dégraissage vont bon train. Le géant, qui n'a pas connu un trimestre négatif de mémoire d'actionnaire, et qui jamais au grand jamais n'a été tenté par le moindre plan social (c'est d'ailleurs l'un des principaux arguments avancés par ses recruteurs), s'apprêterait à pousser vers la sortie entre 10 et 17% de ses troupes, ce qui fait pas mal de monde, sur 90000 salariés dans le monde. Des chiffres qui ne sont que des rumeurs, mais que Microsoft ne dément pas. On devrait en savoir plus à la mi-janvier.

Pire encore, pour les start-ups, le premier trimestre 2009 pourrait/devrait être celui des faillites. A court d'argent, nombreuses sont celles qui font la tournée des fonds d'investissement, mais le robinet du capital-risque semble fermé jusqu'à des jours meilleurs. Des faillites annoncées qui n'ont rien à voir avec la bulle des années 2000, ces start-ups là ne perdent pas l'argent des petits porteurs, juste celui des capital-risqueurs qui les ont soutenu jusque-là...

Bref, pour faire simple, si vous n'avez pas aimé 2008, vous risquez fort de détester 2009.

Pourtant, comme une lumière au bout du tunnel, il reste des raisons d'espérer. La crise aurait même de bons côtés. Ainsi, pour les start-ups qui ont assez d'argent en banque pour laisser passer l'orage, le coup de froid du financement est plutôt une bonne nouvelle, qui leur évitera de voir éclore de nouveaux concurrents. Les start-ups en crise pourraient aussi trouver acheteur, forcément pas aux mêmes valorisations qu'avant la récession. Des acheteurs qui, s'ils ont des fonds disponibles, pourraient faire de belles affaires, qui retrouveront leurs couleurs dans un à deux ans.

L'autre bonne nouvelle, c'est que le fer de lance de la relance devrait être une fois encore l'innovation. Celle qui inventera les produits que nous aurons à nouveau besoin de consommer, celle qui aidera les entreprises à devenir plus compétitives, celle qui imbriquera plus encore l'internet à nos habitudes de vie. Bref, de quoi alimenter en sujets cette année de Plein Ecran qui commence... Comme quoi le malheur des uns...

Alors, malgré les réserves d'usage en temps de crise, excellente année 2009 à tous, et comme dit ma maxime favorite, "Puissiez-vous vivre une époque intéressante".(*)

Cédric Ingrand

P.S.: "May you live in interesting times", un dicton que je croyais signé Lao-Tseu. Il serait de fait Chinois (ce serait en fait une malédiction), enfin, peut-être, toujours est-il que Wikipedia consacre un article entier (en anglais) à la provenance très discutée de ces mots...
 

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