A l'assaut du web chinois...

Publié le par blog-high-tech



Impressionnant voyage que celui qui nous a mené la semaine dernière à Pékin, à la découverte de quelques grands noms du web chinois. Comme vous le verrez dans l'émission (les liens sont en bas de ce post), le mode opératoire des sites, qu'ils soient 100% chinois ou la filiale d'un site américain, sont dans l'ensemble les mêmes que ce que l'on connaît à l'ouest, avec quelques différences qui font tout l'intérêt du voyage...

Parmi les quelques infos coupées au montage, faute de temps:

- Quand ils arrivent sur le marché chinois, tous les sites occidentaux se dotent d'un nom local, de quelques caractères mandarins qui doivent résumer leur usage ou leur philosophie. Par exemple, en Chine, Google peut s'écrire "Gu-Ge", qui en chinois veut dire "expérience fructueuse"...

- Youku.com, notre Youtube local, s'est lancé et fonctionne encore grâce à des capitaux-risqueurs, qui ont injecté 40 millions de dollars dans la start-up. Des montants que l'on pensait réservés à de grosses levées de fonds en Europe ou aux Etats-Unis.

- Parmi les particularités du web local, celle-ci: chez nous, cliquer sur un lien vous fait passer d'une page une autre, logique... sauf qu'en Chine, cliquer sur un lien ouvre presque toujours une nouvelle fenêtre. Un usage qui date du bas-débit, pour pouvoir ouvrir plusieurs fenêtres en attendant que leur contenu ne se charge.

Hasard total de l'actualité, l'émission est diffusée alors qu'au Tibet se passent des choses moins reluisantes pour le pays, surtout à 150 jours des J.O. L'occasion pour nous de parler du sujet de la censure de l'internet chinois à nos interlocuteurs locaux, mais aussi de tester la porosité du "grand firewall" érigé par l'état Chinois. Bilan: tout ou presque fonctionne, que l'on tente de se connecter aux grands médias (LCI.fr, CNN, BBC, Le Monde, et des index comme Google News), à des réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Netvibes), ou à des outils de communication (Skype, et tous les outils de messagerie instantanée).

Seules exceptions parlantes: Reporters Sans Frontières, dont le site organisait cette semaine-là des manifs virtuelles contre la censure sur l'internet (en Chine et ailleurs), et Wikipedia, bloqué depuis 2006 pour avoir refusé d'effacer ou de modifier certains articles sur sa version chinoise.

Souvent, dans les dictatures, tout ce qui n'est pas expressément autorisé est interdit. Sur l'internet chinois, ça semble être plutôt l'inverse. Témoin, le foisonnement des blogs, et des BBS, ces forums de discussion, où l'on parle de tout, et d'ailleurs beaucoup de politique. Des débats passionnés, souvent autour d'enjeux locaux, de la corruption par exemple. Des sites que l'administration de Pékin laisse faire, et encouragerait même, pour faire la chasse à la corruption parmi les responsables politiques locaux. Drôle de pays...

Au final, on comprend mieux ce que nous dit dans l'émission Victor Koo, fondateur du site vidéo Youku.com. Pour lui, l'occident a une image un peu faussée du degré d'ouverture du web chinois, qui se serait pas l'environnement verrouillé que l'on croit, et où l'état laisse faire et laisse dire, tant que l'on ne touche pas aux institutions et à une liste connue de sujets tabous. Bref, la marche sera encore longue, mais le plus marquant, le plus encourageant dans nos rencontres avec les enfants dorés du market-commmunisme, c'est leur foi dans la capacité de l'internet à changer le pays, pour de vrai, par des pratiques de communication et d'ouverture qui sont l'essence même du réseau, et auxquelles l'état ne peut s'opposer, de peur d'entraver un secteur sur qui il compte pour maintenir sa croissance. Dans quelques années, l'internet pourrait représenter 15% du PIB chinois...

Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite de l'exploration. On y verra comment le français Viadeo est venu à Pékin racheter son équivalent chinois, une aventure qui rime parfois avec choc des cultures. On verra aussi comment et pourquoi le commerce en ligne a du mal à décoller en Chine. Une question, là aussi, d'une culture et d'usages millénaires autour du commerce, qui ont apparemment un peu de mal à évoluer.

En attendant, le première partie est ici ...

 

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