Plein Ecran

La French Connection

 

Damien Givelet
Valérie Expert
Audrey Crespo-Mara et JF Rabilloud
Cédric Ingrand
Pascal Boulanger
Hughes Beaudouin

Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /2010 11:11

Je ne sais pas ce que vous avez fait de votre mercredi, mais moi, j'ai testé l'iPad. Bon, certes, un peu rapidement, juste le temps de lancer quelques applications, de charger une page web, celle de TF1News d'ailleurs [note de service: bonne nouvelle, le site est compatible iPad], et de constater que l'expérience est aussi rapide, aussi fluide que les démonstrations de Steve Jobs sur scène.

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Pas besoin d'ailleurs d'y passer des heures: comme l'a souligné Jobs, pour quiconque des 75 millions de possesseurs d'iPod Touch ou d'iPhones, prendre en main l'iPad est d'un naturel immédiat et confondant. L'écran est splendide, tout est très lisible, un parfait exemple de l'intégration d'un matériel bien fait, et d'un logiciel léché, dans un design agréable. Pas de surprise, on est bien chez Apple.

Pourtant, une fois passée l'euphorie de la keynote suivie en direct, l'évidence se fait jour: l'iPad n'est pas encore exempt de reproches... D'abord, consensus très net sur Twitter (la nouvelle conscience globale du monde de la technologie): qui est le stagiaire qui a oublié la caméra intégrée ? Dommage, la promesse - enfin - de pouvoir faire de la visio-conférence entre iPad et iPhones aurait fait office de démo qui tue. Ca éviterait aussi le ridicule à Stéphane Richard, le prochain patron d'Orange, qui ressemble décidément à un garçon un peu trop bavard (quand il lâche le morceau sur la sortie de l'iPad il y a deux semaines au micro d'Europe1), mais pas pour autant très bien informé, quand il promet que ses clients feront de la visiophonie avec la tablette... qui n'a donc pas de caméra. Mais passons...

Autre déception: le manque de connexions. Seul connecteur de l'iPad: sa prise à 30 broches, standard des baladeurs et smartphones d'Apple. Problème: si l'iPad n'est pas un gros iPod, alors c'est un ordinateur, qui ne peut se passer d'un port USB, ou d'un lecteur de cartes SD. Il y aura bien des solutions, comme des adaptateurs pour copier ses photos sur un iPad sans passer obligatoirement par un ordinateur, mais on pouvait attendre mieux, ou plus. Question à la fois d'ouverture de la machine, et d'un design que trop de prises pourraient dénaturer.

Pas de sortie vidéo non plus ? Dommage, surtout pour une machine destinée à trouver sa place sur une table basse, devant la télé. D'autant que cette connexion là pourrait se faire sans compromettre le design de la tablette, les technologies de vidéo sans fil existent désormais, qui permettraient en une seconde de partager le contenu affiché par l'iPad, sur l'écran plat du salon.

Pas de multitâche. Défendable sur un baladeur, plus gênant sur un téléphone, et plutôt décalé sur une machine qui est pour l'essentiel un ordinateur tactile. Avec un gigahertz sous le capot, on pourrait pourtant faire tourner quelques logiciels en parallèle, non ?

Il y a aussi le clavier virtuel qu'affiche l'écran tactile. Plus grand, plus pratique, moins enclin aux fautes de frappe que celui de l'iPhone, mais pas encore une panacée. D'abord, anathème, il faudra regarder vos doigts pour taper. Il faudra surtout ne pas reposer vos poignets sur la machine, pour ne pas troubler l'écran tactile. Tentez de taper pendant cinq minutes en gardant les poignets en l'air, et vous comprendrez les limites de l'exercice. Comme le dit Steve Jobs, si vous devez taper Crime et Châtiment sur votre iPad, vous achèterez le clavier bien physique proposé en option. Signe que le tactile n'est, pour taper, qu'un pis aller.

Mais au fait, l'iPad est-il vraiment la machine idéale pour lire Crime et Châtiment ? A voir, à l'usage, même si le LCD et son rétro-éclairage ne sont pas un idéal de contraste, de lisibilité ou d'autonomie, face aux tablettes à technologie e-Ink de Sony, Amazon, ou Bookeen. Mais ce que l'iPad fait de plus, et de mieux que les liseuses d'eBook creuse un écart qui rend la comparaison difficile.

Et justement, ce qui me plonge depuis la conférence dans des abîmes de perplexité, c'est que l'iPad semble rater des utilisations faites pour lui comme du sur-mesures. Le livre électronique, c'est merveilleux, mais ce n'est pas là que la machine est le plus à son avantage: ce que les e-books traditionnels ne savent pas faire, c'est afficher des magazines, de la BD, des mangas, bref, des contenus graphiques, et en couleur. J'imagine d'ici l'interface... Surtout, économiquement, inventer le kiosque numérique serait pour Apple une source de revenus massive et régulière, et une aubaine pour des éditeurs qui trouveraient soudain le moyen d'adapter la vente au numéro (et pourquoi pas l'abonnement) à la consommation numérique. Je ne peux imaginer qu'Apple n'y ait pas réfléchi, ou n'y travaille déjà. Si le kiosque manque à l'appel, il y a donc des raisons. J'aimerais tant les connaître.

Pour autant, il y a plein de choses à célébrer dans l'iPad. Certains traits surprenants pour une machine signée Apple, comme ces tentations d'ouverture que sont l'utilisation annoncée du format ePub pour les livres électroniques. ePub, un format issu du logiciel libre, bien plus ouvert que le standard utilisé par le concurrent Amazon.

Autre surprise: la fin des exclusivités avec les opérateurs mobiles. Les iPad 3G (une option à 130 dollars aux Etats-Unis) ne seront pas simlockés, pas bloqués sur un seul opérateur, quel que soit le pays où ils seront vendus.

Bilan: une belle machine, de petites déceptions, quelques lacunes, mais rien de définitif. Peut-être a-t-on le nez trop près de la vitre (tactile, évidemment), pour comprendre l'impact de l'iPad, qui au-delà des geeks, et des fanboys de l'église Apple, qui seraient prêts à acheter un parpaing à 500 euros s'il était frappé du logo à la pomme, devra convaincre les "vrais gens", moins pointilleux, mais plus enclins à comprendre les bénéfices immédiats de la machine. L'iPad serait peut-être ainsi la machine idéale de ces "late-adopters", une façon simple pour eux d'accéder à l'information sans avoir à passer l'intimidante barrière de l'ordinateur, même si c'est un Mac. Un ordinateur pour ceux qui n'aiment pas les ordinateurs...

Mais il reste quand même l'impression sourde qu'il manquait à ce keynote de Steve Jobs un vrai moment "wow", une killer application comme on dit, une chose jamais vue ailleurs, qui fasse que demain soit à jamais différent d'aujourd'hui. Un wow qui devra attendre un peu: n'oublions pas pour autant qu'Apple a souvent utilisé la première version de ses appareils comme test consommateurs en grandeur nature: souvenez-vous du premier iPhone, sorti sans App Store, pour ne trouver qu'un exemple.

Et peut-être au final que, justement, le délai de deux mois qui nous sépare l'annonce de l'iPad de son arrivée en magasin servira à combler certains de ces manques, surtout côté usages, l'annonce d'aujourd'hui étant pensée pour mettre le feu sous les pieds des développeurs et des éditeurs. Je me contenterai en attendant de mon iPad Mini... enfin je veux dire, de mon iPod Touch.
 
Par Cédric Ingrand
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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /2010 06:48
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L'affaire faisait déjà la Une du Monde ce week-end, on en parlait dans les pages 'saumon' du Figaro de lundi, et ce n'est qu'un début, je parie personnellement sur la Une de Libération pour mercredi matin. 8000 kilomètres et neuf fuseaux horaires plus loin, à San Francisco, c'est pire. "Vous venez pour la conférence d'Apple ?", m'a spontanément demandé l'officier de l'immigration, à l'aéroport.

Dans la presse, dans les blogs spécialisés, sur Twitter, la machine à rumeurs, à fantasmes surtout, a passé la surmultipliée. La tablette serait ainsi dotée de fonctions magiques, assez "pour sauver les vieux médias" dit un article. Dans un autre, une étude assure que "14% des américains sont prêts à l'acheter", les yeux fermés, puisqu'évidemment, personne ne l'a vue. Autant d'illustrations du succès de la politique de silence absolu de Cupertino, le QG d'Apple, où l'on n'a encore rien annoncé, où l'on ne commente rien, et où l'on renvoit toutes les questions a l'évènement de mercredi.

Pourtant, parfois à l'initiative d'Apple, qui sait faire fuiter un peu d'info quand il le faut, quelques confrères ont pu dresser les contours de la tablette. La machine proprement dit devrait ressembler à un gros iPod Touch, ou à un Macbook que l'on aurait privé de clavier, avec une webcam intégrée. Un nouveau format, mais rien de bluffant au premier coup d'oeil. Son prix ? Autour de 1000 dollars. Du coup, là où la tablette devrait, ou plutôt doit ébahir, c'est sur les usages. Il faut, pour que le pari soit gagné, que la tablette fasse des choses qu'aucune machine ne faisait, ou ne faisait vraiment bien avant elle. Au-delà de "l'eye-candy", des jolies animations d'interface qu'Apple fait mieux que personne, il faut que la tablette devienne un nouveau point d'inflexion du marché de l'informatique, et ouvre les portes du numérique à des contenus que l'on n'y trouve pas aujourd'hui. Pensez aux magazines, par exemple, ou à la BD, en plus des livres, du web, de la vidéo, des jeux et du reste.

Si la barre du succès est si haute, c'est aussi parce qu'Apple va devoir pour la première fois de son histoire récente  créer un nouveau marché de toutes pièces. Tant pour l'iPod que pour l'iPhone, Cupertino avait laissé d'autres avancer devant lui pour inventer les baladeurs numériques et les smartphones, avant de les refaire à son image, euh, enfin à son idée... Avec la tablette, Apple ne va pas répondre à un besoin, à une envie précise exprimée par les consommateurs, mais va tenter d'insérer une nouvelle catégorie d'ordinateurs, quelque part entre le smartphone et l'ordinateur portable, si possible sans cannibaliser ni l'un, ni l'autre... L'ampleur du défi donne un peu le vertige, et relance évidemment la machine à fantasmes: si l'on ne comprend pas comment Apple peut réussir, mais qu'il prend date pour lancer sa tablette, c'est qu'elle est forcément géniale, et que le constructeur a trois coups d'avance sur nos attentes. Et heureusement...

Car le pire qui puisse arriver à Apple, c'est de décevoir. Une déception qui serait forcément injuste, tant le constructeur n'a rien promis, et garde un silence de moine Chartreux sur les entrailles de sa machine. Après vingt ans d'une industrie coutumière du 'vaporware', et de tant de promesses déçues, le silence d'Apple est presque rafraîchissant, mais reste une arme à double tranchant. En laissant s'emballer les prédictions, les attentes, et les fantasmes de ses fans sans les modérer, sans les canaliser, sans pré-annoncer même dans les grandes lignes ce à quoi l'on doit s'attendre, Apple paierait 'cash' tout lancement même juste un peu décevant. De ce fait, la tablette est condamnée à transformer le plomb en or, et à marcher sur l'eau, rien de moins. A défaut, ce serait juste un baladeur multimédia de plus, un machin à grand écran forcément trop cher, dont on ne sait pas exactement à quoi où pourra l'utiliser dans la vie réelle.

Heureusement pour Apple, et pour manier l'understatement, le constructeur ne semble pas résigné à décevoir. Si l'on en croit les dernières rumeurs du week-end, Steve Jobs dirait autour de lui que la tablette est "...la chose la plus importante que j'ai jamais fait". Pas mal, pour quelqu'un qui a déjà démocratisé l'informatique personnelle avec l'Apple II, et lancé le Macintosh dans la foulée.

On attend donc la conférence de mercredi avec la conviction que rien ne sera plus jamais comme avant. Et à défaut, le prix de revente du badge de la conférence sur eBay aura valu, à lui seul, le détour.
 







 
Par Cédric Ingrand - Publié dans : bloghightech
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Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /2009 18:45
Frédéric Lefebvre quasi-expulsé de Twitter (il est revenu depuis...), Google piégé, et forcé de s'expliquer, face à une caricature indigne de Michelle Obama, Nadine Morano qui semble vouloir reprendre à sa charge la classification des jeux vidéo, autant de sujets qui font réagir le gang de La French Connection cette semaine, avec en guest-star au téléphone Jean-Claude Larue, le très vocal délégué général du SELL, le Syndicat des Editeurs de Logiciels de Loisirs. Enjoy !

Au fait, si vous voulez abonner votre iTunes à La French Connection, les solutions existent, le lien du flux est ici: http://www.wat.tv/podcast/explorer/2068105


Par Cédric Ingrand
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Samedi 21 novembre 2009 6 21 /11 /2009 15:02
C'est toujours la même chose. Oui, il y avait bien les sempiternelles files d'attentes dès le matin. C'est en tous cas ce que montrent les blogs de fans à chaque sortie de console à Tokyo. Nous, la nouvelle Nintendo, on l'a vue tranquillement ce soir, dans le plus grand magasin de Akihabara, le quartier de la high tech à Tokyo. Tranquillement, car il n'y a pas rupture de stock...  en même temps, ça se comprend, la DSi LL n'est qu'un énième toilettage de la console portable à deux écrans de Nintendo. Et un lifting particulier qui ne s'adresse pas, de prime abord, aux personnes les plus à même d'allers faire la queue à la caisse... non, la DSi LL, avec sa taille boostée aux stéroïdes, vise très clairement les séniors.

Et pourtant, pas de séniors en vue dans les allées de Yodobashi Camera, mais plutot des jeunes adultes venus écarquiller les yeux devant l'écran très sensiblement plus grand. Un écran qui, à l'usage, pixélise quand même beaucoup plus les jeux, un inconvénient contrebalancé par le fait qu'on est entièrement immergé dans les deux images... on gagne en profondeur ce qu'on perd en réalisme. Pour le reste, c'est la console est strictement identique à sa petite soeur DSi, avec tout de même un énorme stylet version "gros feutre" en cadeau bonux dans la boite, histoire que papy puisse lui aussi profiter pleinement de l'entrainement cérébral sans avoir à plier les doigts sur un tout petit stylet.


Comme nous le faisait remarquer très justement Steve Nagata, consultant en nouvelles techno ici à Tokyo, (et accessoirement notre guide pour le Plein Ecran de la semaine prochaine), c'est une machine totalement différente de la DSi, qui ne vient pas du tout sur le même marché. Niveau jeux, certes, elle vise les séniors, mais elle pourrait bien être détournée de son but premier par les jeunes adultes qui voient en elle une machine à surfer sur le web de très bonne qualité (les deux écrans sont chacun légèrement plus grand que celui d'un iPhone), pour un prix d'entrée de gamme comparé à d'autres terminaux mobiles : 20.000 Yens, environ 160 euros, mais vu les habitudes de conversion chez les constructeurs, on mise plutôt sur un 199 euros. La DSi "XL", comme elle sera renommée chez nous, devrait sortir début 2010.


Guillaume Delalande
Par Cédric Ingrand - Publié dans : bloghightech
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Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /2009 03:05

Après San Francisco et Berlin, retour de la French Connection dans les studios de Boulogne, où l'on retrouve Jean-Bernard Magescas, Amaury Mestre de Laroque (Marianne), et William Coop (L'Express).

Sommaire chargé, avec les soucis de nos lapins Nabaztag préférés, les annonces d'Apple, Spotify sur les mobiles, la SACD qui compare les anti-Hadopi à des collabos, les Beatles remastérisés, et tous les restes de l'actualité de la semaine. Quant au pourquoi du titre de l'émission... hmmm, on vous laisse découvrir.

 
Par Cédric Ingrand - Publié dans : bloghightech
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